Famille et schizophrénie
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Quelqu’un vient de prononcer le mot. Un psychiatre, sans doute. Schizophrénie. Tout ce qui est arrivé dans la famille au cours des trois derniers mois quand Julie, cette grande adolescente de dix-sept ans, s’est tout à coup mise à fuguer et à réapparaître au milieu de la nuit et à hurler devant la porte et à insulter les voisins et à voir des monstres partout et à entendre des voix et à dormir dans la cabane au fond du jardin et à fuguer encore et à…Tout ça, apprennent ses parents lors d’un bref entretien dans l’hôpital qui a fini par accueillir leur enfant, porte un seul nom. Schizophrénie.
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Nous examinerons trois manières d’aborder cette rupture brutale dans la trajectoire d’une famille quand elle est confrontée soudain à la maladie mentale de l’un de ces membres. Les articles dont nous produirons des synthèses ci-dessous pour illustrer ces trois perspectives traitent plus spécifiquement de la schizophrénie. Les premiers signes de ce trouble psychiatrique interviennent le plus souvent entre 15 et 25 ans (Häfner, et al., 1998), soit à un moment où le rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants tend, dans des circonstances dites normales, à diminuer graduellement.
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Dans Redefining Parental Idendity : Caregiving and Schizophrenia, Milliken et Northcott (2003) proposent de formuler une « Grounded Theory» (GT) du processus de transformation de l’identité des parents, qui intervient quand apparaît que l’un de leurs enfants souffre de schizophrénie.
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Examinant 15 études récentes ayant trait à la psychoéducation familiale dans leur Update on Family Psychoeducation for Schizophrenia, Dixon, Adams et Lucksted (2000) nous apprennent qu’il arrive, fût-ce encore trop rarement, que les besoins d’aide des familles de schizophrènes soient effectivement reconnus et pris en compte par les organismes de soin. Ils signalent que le Schizophrenia Patient Outcomes Research Team (PORT) a émis un avis très favorable sur la psychoéducation familiale et qu’il a formulé à son sujet des recommandations parmi lesquelles ils citent...
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Dans l’article Familles de schizophrènes et perturbations de la communication, Hendrick (2002) revient sur le terrain, miné par les communications peu adroites des premiers systémiciens, des dysfonctionnements familiaux qui pourraient être associés à l’étiologie de la schizophrénie. L’auteur indique à juste titre que le concept EE (cfr. supra Psychoéducation familiale) est aujourd’hui considéré comme opérationnel. Il y voit le signal d’une reconnaissance implicite du fait que le milieu peut être un facteur dans le déclenchement ou le développement de la maladie.
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La maladie mentale d’un adolescent ou d’un jeune adulte… signifie-t-elle l’échec pour une famille ? Nous avons vu que la schizophrénie frappe souvent à un moment où la mission parentale devrait toucher à sa fin et où un grand enfant est supposé, en termes imagés, commencer à voler de ses propres ailes et s’apprêter à quitter définitivement le nid.
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Bibliographie - Famille et schizophrénie - Trois regards
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