Introduction (extrait)
Depuis quelques années, la sémiologie psychiatrique connaît une remise en cause des conceptions classiques autour desquelles s'étaient construits les modèles opératoires permettant de délimiter les contours de la discipline. Les progrès des différentes sciences qui nourrissent le corpus psychiatrique (biologie, psychopharmacologie, épidémiologie) ainsi que leurs orientations épistémologiques divergentes ont eu raison des derniers remparts consensuels. Cela a été le point de départ d'une déconstruction des théories, en particulier dans le domaine des troubles thymiques, où les logiques contradictoires de la dépression ont provoqué un profond questionnement sur la nature même de la souffrance humaine. Cette dilution de la dépression dans la théorie a été reprise et amplifiée par les médias. On a alors vu apparaître la figure de “l'expert profane” proposant des alternatives en dehors du cadre médical, avec, comme corollaire, un débat social autour de la pertinence des prises en charge “officielles” des troubles de l'humeur. Dans ce contexte de mouvance conceptuelle, le symptôme psychiatrique risque de perdre sa spécificité. Ainsi, pour ne citer que deux exemples, la moindre tension psychologique est vite qualifiée d'angoisse et les difficultés existentielles de dépression. Devant ce phénomène, que certains qualifient d'inflation diagnostique, il convient d'aller aux sources du problème, qui n'est autre que la définition de l'objet d'étude de la psychiatrie.
Affirmer que la psychiatrie a pour objet (objectif...) le diagnostic, le traitement et la prévention des maladies mentales peut paraître une lapalissade, mais, au moins, cette proposition a le mérite d'identifier la question centrale.
La psychiatrie utilise-t-elle les mêmes critères que la médecine pour définir la maladie ?
L'opposition santé (normal)/maladie (pathologique) est-elle opérationnelle en psychiatrie ?
Sommaire
Introduction
La démarche qui amène ou non à consulter
Le temps du diagnostic
Le retentissement de la symptomatologie dépressive
Les trajectoires évolutives
1 - La décision de soins
2 - Le suivi du patient
3 - Arrêts des prises en charge
Peut-on prévenir les états dépressifs ?
La dépression: impact économique et atteinte à la qualité de vie
Annexes
Bibliographie
Note
Ce rapport a été réalisé grâce à des contributions financières des sociétés pharmaceutiques Lundbeck, SmithKline Beecham et Servier
Le(s) auteur(s)
Rapport du Groupe d’experts, coordonné et présidé par: Pr Philippe-Jean PARQUET, psychiatre
Ont participé, en tant qu’experts et cliniciens: Dr Laurent CHEVALLIER, médecin généraliste Dr Henry CUCHE, psychiatre Pr Guy DARCOURT, psychiatre Pr Maurice FERRERI, psychiatre Pr Paul FRIMAT, médecin du travail Pr Rebecca FUHRER, épidémiologiste Dr Patrick de LA SELLE, médecin généraliste Pr Robert LAUNOIS, économiste de santé Dr Marie-France MOLES, psychiatre Pr Jean-Pierre OLIE, psychiatre Dr Nathalie REGENSBERG, médecin généraliste
Consulter/Télécharger
|