Vrai - La souffrance est réelle
Détresse psychologique ou maladie mentale ? Coup de blues ou dépression ? Ce sont souvent de faux débats autour d'une vraie souffrance. La réalité quotidienne d'une personne qui cherche de l'aide est douloureuse. Point.
Paul ne dort plus. Martine dort beaucoup trop. Il s'agite sans raison. Elle est constamment abattue. Il lui arrive d'être paralysé par l'angoisse. Elle a parfois envie de crier son désespoir. Il s'émeut et pleure sans arrêt. Elle n'a plus de larmes ni d'émotions. Il se montre irritable à propos de tout. Elle ne s'intéresse plus à rien.
Leur mal-être est réel et individuel. Même quand rien ne paraît le justifier. Même quand ils ont, comme on dit parfois, objectivement tout pour être heureux. Leur désarroi peut être tellement aigu qu'il demande une attention médicale urgente.
Faux - Si on va mal, c'est parce qu'on l'a cherché !
Non, la détresse psychique ne vient pas punir une personne qui l'aurait bien cherchée ou qui "ferait elle-même son malheur". Non, on ne choisit pas d'être dépressif ou anxieux. On ne décide pas de s'épuiser professionnellement. On n'aspire pas au conflit avec son partenaire ou avec ses proches.
La ou les dépressions ?
Le pluriel serait indiqué, d'après le médecin psychiatre Claude Virot.
Il défnit les différentes formes que peut prendre la souffrance psychique, dans un entretien réalisé à l'occasion du congres Dépression, hypnose et thérapies brèves (Rennes, 2010)
Les états dépressifs et les accès d'angoisse sont le plus souvent vécus comme envahissants et paraissent échapper à tout contrôle. Ils peuvent survenir d'une manière totalement inattendue et brutale. Il est fréquent qu'aucun événement particulier ne les explique. Et que rien ne permet de comprendre leur intensité.
À l'heure des compressions d'effectifs, des réductions des budgets sociaux, des privatisations, des externalisations et des délocalisations... Il est également absurde d'attribuer à la personne en souffrance la responsabilité exclusive d'un burnout. Et il est parfois très difficile de dissocier le stress professionnel des tensions qui existent dans le couple ou la famille.
Vrai - Celle ou celui qui souffre veut s'en sortir
Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, une situation de détresse psychique n'est jamais due à un manque de volonté.
L'épuisement survient souvent au bout d'une longue période durant laquelle une personne a voulu changer sa situation et sa relation aux autres. Contre un état dépressif ou anxieux envahissant, elle a d'abord lutté de toutes ses forces. Elle a cherché à relever seule ses défis professionnels ou familiaux.
Sa volonté s'est-elle heurtée à trop de résistances ? A-t-elle fini par laisser la place au découragement ? En apparence, oui. Mais...
Mais la volonté est toujours là. Quand la personne consulte, ce n'est pas pour se plaindre. Elle cherche simplement un allié.
90 % de satisfaits éclectiques
Médication ou thérapie ? Ce débat passionne les praticiens. Mais les personnes qui consultent choisissent en toute liberté le meilleur de deux mondes.
Une enquête conduite par la fondation MGEN auprès de 6 500 adhérents de la mutuelle indique qu'une personne sur dix a consulté, à un moment de sa vie, un psychothérapeute, essentiellement pour des troubles dépressifs ou anxieux. Plus de 90 % des personnes se déclarent satisfaites des résultats. 60 % estiment qu'elles ont été améliorées beaucoup et durablement. Mais l'enquête nous apprend également que 77,5 % des personnes qui suivent une psychothérapie ont consommé au moins un traitement médicamenteux.
(Source: L'Encéphale)
Faux - Le temps finit par tout arranger
Ce qui est faux pour la plupart des maladies l'est tout autant pour le mal-être psychique. Le temps ne suffit pas à tout guérir. Tout n'est pas passager et bénin.
Le temps peut même se transformer en ennemi redoutable, qui avive sans cesse l'impression d'échec, la culpabilité et les regrets.
À ces sentiments peut venir s'ajouter la crainte du jugement d'un employeur et la peur du regard des collègues, quand les arrêts de travail se multiplient.
Vrai - Les psychothérapies agissent
Médication ou psychothérapie ?
Encore un faux débat autour de deux vraies solutions.
Dans le domaine de la santé mentale, il existe des situations d'urgence dans lesquelles une aide médicale est incontournable.
Dans de nombreux autres cas, psychothérapie et médication peuvent apporter chacune leur aide précieuse, seules ou en se complémentant (voir encadré).
La littérature scientifique récente indique que la psychothérapie aurait toutefois un effet plus durable. Mais l'important...
L'important, avant toute question sur la nature de l'aide, est de...
Chercher de l'aide.